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White tape

Petit retour sur les interventions de la semaine que je crois complémentaires.

Tout d’abord, avec passage trop rapide à la #EUDisinfo conférence à Vilnius du EU DisinfoLab.

Note d’ambiance en photo : retrait des sponsors publics semble-t-il, à confirmer, sous « pression » US ou plutôt une formée de soumission non assumée.

Il est clair que les autorités publiques se désinvestissent, tout particulièrement au niveau européen, du soutien à des communautés d’acteurs pourtant essentielles pour nos démocraties.

C’est le cœur de la discussion autour du futur fonds Agora eu discuté dans le cadre du prochain cadre financier pluriannuel. Et de fait, comme le démontrent très bien Mark Scott et Richard Woods de The Global Disinformation Index: nous sommes sous dépendance US quand on en vient au financement de la société civile en matière de démocratie.

On observe en réalité la même réalité en matière de régulation. Comme Joe McNamee l’a bien démontré ce 7 octobre 2026 matin, nous sommes le plus souvent menés en bateau par ce qu’il faut désormais bien appeler des manœuvres dilatoires opérées par la Commission européenne elle-même depuis de nombreuses années.

Est-ce qu’il faut arrêter de se battre, d’exiger des choses de la part des autorités publiques ? Non. Déjà parce qu’il faut pouvoir témoigner de ce qui se passe actuellement pour le jour où… et parce que nous serions aussi à blâmer si nous n’essayions pas. Et qui sait, nous pourrions aussi voir des avancées se faire.

Est-ce qu’il faut développer des alternatives? Certainement. Est-ce que ça combattra ce sentiment de défaite avant l’heure, cette situation d’enfermement bien réelle? Non. Nous sommes face à un problème collectif et c’est pour cette raison que penser l’action publique demeure essentiel.

Alors que faire? Nous détourner de notre environnement technologique serait tout aussi illusoire. Accepter de tomber dans la dignité me révulse particulièrement. Par contre, nous pouvons faire les choses en conscience. Ça signifie savoir qualifier ce à quoi nous faisons face et nous parrer à toutes les éventualités pour investir nos forces, limitées, au bon endroit.

Ça signifie investir d’autres espaces, des espaces de sociabilité non centralisés, non verticaux, probablement en partie au moins non technologiques. Ça veut dire cultiver les espaces vierges à l’extérieur comme à l’intérieur de nous-mêmes, à l’abri de l’injonction permanente à la consommation comme à la production.

Ça veut dire constituer (comme dans Constitution) d’autres modes d’organisation, des modes d’organisation fondés sur cette idée qu’un « ordre sans pouvoir » est possible ou du moins à poursuivre. L’anarchie au sens strict en somme, sans tout ce qu’on lui attribue fallacieusement, mais au contraire la démocratie permanente – par l’action collective et non seulement la délibération – et donc revendiquer le temps de nous parler et de faire ensemble ce qui répond à nos besoins de premier ordre. Une des manières de « débrancher la machine » (Félix Tréguer), en sachant que les techniques de communications n’en sont qu’un versant.

Dans cet article: https://www.theguardian.com/us-news/2026/oct/07/trump-eu-disinformation-conference, écrit par Aisha Kehoe Down, Joseph Gedeon, Jennifer Rankin, The Guardian a repris la photo de ce post avec la légende « A #Disinfo2026 flyer shows portions blocked out. Photograph: Obtained by The Guardian » 😅


Ce samedi 10 octobre, j’ai eu le plaisir d’intervenir 3 fois lors du festival IAGora à la mairie du XIIIe, le premier festival populaire dédié à l’IA piloté par Carine Sit. Les échanges étaient très riches. J’ai pu intervenir sur IA et amour, IA et infox mais aussi participer à un podcast live mené par l’association Debacteur.

Cette journée confirme les propos ci-dessus en ce que nous devons absolument « prendre soin de nos relations » comme l’énonce Léon XIV dans son encyclique.