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Ottolenghi

Ce mardi, j’ai eu l’immense plaisir, chance, honneur, tout ce que vous voulez, d’être à nouveau un des « ambassadeurs » Belly, ou plutôt un des ambassadrices car j’y étais le seul homme, pour la sortie du dernier livre de Yotam Ottlenghi, Simple 2.

J’avais déjà eu la chance d’être sélectionné pour un tel exercice lors de la sortie de Comfort il y a 2 ans. C’était tellement bien que les autrices de Comfort avaient dit à Ottolenghi qu’il fallait absolument qu’il se livre à l’exercice. Ce qu’il a fait ce 22 septembre 2026.

En quoi est-ce que cela consiste? Tout simplement à cuisiner des recettes du livre pour la presse spécialisée lors d’une journée particulière dans une magnifique maison de la Mouzaïa…en présence des auteurs. Il y a deux ans c’était avec les autrices de Comfort, des femmes hors du commun à mille égards. Cette année c’était avec Ottolenghi en personne.

Donc oui, avec mes comparses et sous la direction de la rédaction de Belly, j’ai eu la chance de passer un moment avec Ottolenghi. La preuve en image ci-dessous avec même un passage sur M6.

Mais si j’ai pu me retrouver là, c’est d’abord grâce à Lola qui m’a offert Jerusalem il y a une douzaine d’années et grâce à Agathe, qui m’a transmis l’appel à candidature pour devenir ambassadeur Ottolenghi. A l’époque j’avais alors envoyé une ode à Ottolenghi…Rien que ça…écrite en 2020 et que voici ci-dessous. Et « yess ziss tatin iz fantastique. »

Ode à Ottolenghi (2020)

Tout a commencé autour d’un dîner d’anniversaire.

L. m’a offert un livre en me disant : « Tu vas voir tu vas adorer ». C’était Jérusalem de Yotam Ottolenghi. Je ne connaissais pas. C’était un livre de cuisine magnifique par ses images et très appétissant. Un livre qui brasse cultures et civilisations. Un livre parfait pour moi comme pour des millions d’autres. 

Une recette d’Ottolenghi c’est avant tout un petit brief qui vous met dans l’ambiance. Ce plat se mange ici ou là, comme ci ou comme ça. Moi je le fais ainsi, mais un tel le fait aussi comme ça. Si vous n’avez pas de cela, ce n’est pas grave. 

Ensuite, une recette d’Ottolenghi, c’est une recette parfaitement rédigée. C’est ce qui fait que c’est inratable. Il n’y a pas une erreur qui s’est glissée, pas une chose qui soit laissée dans le vague. Non rien. Vous n’avez qu’à suivre à la lettre et le résultat est garanti.

Ce qui devient miraculeux, c’est aussi que très rapidement, vous pouvez prendre des morceaux de recettes et adapter. Pour aller plus vite, plus simple, plus différent, plus à votre goût. C’est une base très solide au service de votre émancipation et de votre liberté. Et c’est vrai qu’il vaut mieux que vous vous sentiez un peu libre d’adapter, car il est fort probable que vous n’ayez pas tous les ingrédients sous la main tout le temps. 

Il faut dire que c’est vraiment le roi des épices. Le nombre d’épices que j’ai découvertes grâce à lui est, disons-le, important. Mieux vaut avoir près de chez soi une épicerie (moyen) orientale, un endroit où les caser chez vous. Et s’il vous manque une ou deux choses, oui vous pourrez adapter, mais attention tout de même. Il ne faut pas mettre des herbes de Provence à la place de vos graines de cumin et pas de graines de fenouil à la place du fenugrec. Ça non. Le paprika à la place de la poudre de piment, non plus, ce n’est pas pareil. Quant au sirop de dattes, oui, il est important. Pour ce qui est des herbes, mieux vaut savoir où trouver de la menthe, du thym et de l’origan frais. Mais, en réalité, vous trouverez tout cela très facilement. Donc, il ne faut pas s’arrêter là-dessus. 

Surtout que depuis Jérusalem il a publié d’autres livres, comme Simple, absolument fantastique et qui n’a rien à voir avec Simplissime. Simple est un livre avec lequel vous pouvez cuisiner pendant des mois et des mois. Vous pouvez tout faire et tout refaire, tout mixer, tout assortir, comme vous voulez, faire des buffets monstrueux. Un seul plat de ce livre suffira très rapidement à vous faire reconnaître comme le cuisinier de service. Tout simplement parce que dans vos tomates cerises au four et votre yaourt qui les accompagne vous aurez ajouté ail, thym, zestes de citron, graines de cumin et du sucre (qui font toute la différence), que vous aurez trouvé un très joli jeu de couleur et que vos invités se lècheront les babines de gourmandise. Tout le monde aimera. Ce sera sans faille. Vous aurez des « hmmm » de délectation et des « T’as mis quoi ? » auxquels vous pourrez répondre « Oh trois fois rien » avec un sourire « Juste un peu de ci et un peu de ça ». Vous aurez juste eu à vous laisser emmener dans ce petit twist qu’il vous offre et vous aurez réjoui tout le monde avec des choses finalement très simples. 

Ma première recette choc vient donc de Jérusalem. C’étaient les croquettes de poisson. Une tuerie monumentale dans une super sauce tomate. S’en sont suivies des croquettes de dinde vraiment top. Une de mes recettes phare est aussi cette salade aux échalotes et aux dattes medjoul baignées dans le vinaigre avec des morceaux de pita et des amandes. Très très bon. Il y aussi une betterave au yaourt et sirop de datte tout à fait excellente. Le boulgour à la tomate et aux aubergines, je n’en parle pas. 

Au fil des pages, j’ai redécouvert dans Jérusalem, toutes les recettes qu’on connaît tous sur le pourtour méditerranéen, et sous d’autres noms : comme celle des kakis (petits gâteaux apéritifs aux graines de fenouil et de cumin) ; ce plat fait de pois chiche, de riz, d’oignons et de pâtes ; cet autre plat fait d’aubergine de viande et de riz qui se forme comme un gâteau ; les plats de pâtes comme ce pesto à la pistache ; ou une simple graine à la tomate cuite à la poêle. 

J’ai dit tout ça et je n’ai pas dit un millième des plats et accompagnements qui font la richesse de la cuisine ottolenghienne, mais surtout je n’ai encore rien dit des desserts. Je n’ai rien dit de ce gâteau à l’orange et de son glaçage chocolat, du cheesecake au miel et au thym ou du carotte cake. Je n’ai rien dit de ces milliards de petits gâteaux qui font sa réussite au Royaume-Uni dans un de ces restaurants dans lesquels je ne suis jamais allé. Les gâteaux au citron, à la myrtille, tous sont tellement bons. Ces gâteaux américains au chocolat, le gâteau au fenugrec, celui à la clémentine. Les nuages, les financiers, tous inratables. Les plus sophistiqués que l’on retrouve dans Sweet sont parfois un peu longs à préparer, mais le tout est tellement limpide, tellement riche en apprentissages, tellement clair et tellement bon, que je pourrais faire et refaire ces recettes toute ma vie sans jamais s’arrêter. 

Donc, voilà, en disant tout cela je n’ai encore rien dit de ce que recelait toute cette cuisine, de la place qu’il donne aux légumes, aux goûts variés. Je ne connais pas cet homme, ni ses restaurants ou quoi que ce soit. Je n’ai chez moi qu’une demi-douzaine de ses bouquins et cuisine presque exclusivement avec lui. Et je peux dire qu’il a littéralement changé ma vie. Il m’a donné une toute autre place à table, dans ma relation à mes amis, à ma famille, à mes invités. Il m’a offert la chance de pouvoir amener le bien-être dans les moments que je souhaite être de bons moments. Il m’a donné un moyen d’exprimer mon envie de faire du bien, de réjouir, de détendre, de faire prendre du plaisir. Certains savent le faire en étant seulement en eux-mêmes, en parlant, en chantant, en dansant et moi, grâce à Ottolenghi, c’est en cuisinant.