Tous les billets

Une nécessaire démocratie sociale

Voici ma chronique parue dans le dernier numéro de Chut! magazine à retrouver en kiosque et ici.

Bonne lecture!

Mardi 16 juin 2026, Centre de conférence du ministère de l’économie. L’amphithéâtre affiche complet pour la conférence “Notre IA”, dont l’ambition est de mettre en valeur la manière dont la fonction publique se saisit de l’intelligence artificielle. Tout comme elle y a invité le monde économique avec le plan “Osez l’IA”, la fonction publique, elle aussi, ose et témoigne de son appropriation de l’IA. Sur scène, trois ministres animent la matinée.

Une question de transformation avant tout, oui, mais laquelle?

Malgré un taux d’usage de 89 %, porté par l’adoption d’outils commerciaux, la tâche de concilier l’IA et la fonction publique n’est pas, à première vue, aisée. Dans la fonction publique, les premières prises de position ont émané d’organisations syndicales, qui ont souligné la difficulté à s’assurer du respect des principes du service public, notamment celui de l’égalité, dans les décisions publiques prises avec l’assistance de l’IA.

Un peu plus d’un an plus tôt, Élise Lucet interrogeait la ministre du numérique, Clara Chappaz, documents à l’appui, sur les suppressions de postes à venir dans l’administration, liées à l’intégration des outils d’IA. Clara Chappaz, alors ministre en charge du numérique, avait alors garanti que, non, ce n’était pas ça le plan. La vision de l’État sur les suppressions de postes serait alors loin des élucubrations d’une Sarah Knafo (qui souhaitait supprimer la direction parisienne de l’immobilier en s’inspirant des prétentions, bien entendu non tenues, du DOGE américain).

Et pourtant…au fil de la matinée dédiée au plan “Notre IA”, une alerte s’impose parmi les personnalités et les experts présents sur scène : nous serions tous, d’une manière ou d’une autre, amenés à être remplacés. Une perspective qui aura pu en surprendre plus d’un et qui aura été maintes fois contredite. Alors que les discours théoriques de la conférence tendaient vers un consensus sur la disparition des emplois et le “grand remplacement” technologique, les fonctionnaires invités à partager leurs expérimentations témoignaient d’une réalité tout autre.

À l’aide d’outils d’IA basiques, libres et développés par eux-mêmes, des agents ont, par exemple, créé une solution visant à simplifier le langage administratif utilisé dans les échanges avec les citoyens. Dans cette présentation, il n’était nullement question de suppression d’emplois ni même de réduction du temps d’exécution, mais plutôt d’une assistance visant à améliorer la qualité finale du service rendu. Ces témoignages reflétaient ainsi la satisfaction d’accomplir un travail de meilleure qualité, sans pour autant craindre la disparition de leur poste. Une même matinée, une même scène, un même ministère, deux visions radicalement opposées.

Cette situation nous rappelle que, très souvent, lorsqu’on parle d’IA, on anticipe des pertes d’emplois. Cette approche a peu de sens, en réalité, tant il est difficile d’anticiper la situation à venir. C’est même le propre des découvertes et de leur usage que d’être marqués par des faits inattendus et autres “cygnes noirs”. Ce n’est donc pas tant que la survenue d’un chômage massif soit impossible ; c’est seulement qu’elle n’est pas prévisible.

Si la question est : “Des emplois vont-ils disparaître ?” La réponse est oui assurément. Combien alors ? Là, nous basculons dans la fantaisie pour consultants en licenciement. Mais qu’en est-il si l’on se penche sur la mutation des emplois? Au rythme des développements actuels et en supposant qu’ils perdurent, oui, certainement, nos emplois vont, pour ainsi dire, tous être transformés. Dans quel sens ? Là encore nous basculons dans l’imprévisible. Ou presque. Pour aborder cette dimension du problème et construire sur ce que nous savons déjà, nous pouvons poser la question au présent : notre relation au travail et à nous-mêmes change-t-elle déjà profondément, tant sous le coup de la numérisation du monde que de sa perfusion massive par l’IA ? Sans aucun doute, c’est ce que Juan Sebastian Carbonell nous apprenait déjà en 2022. Alors, pour commencer, procédons à un examen partiel et superficiel de ces mutations.

Un isolement mal placé

Les mutations du travail sous le coup de l’IA nous touchent toutes et tous. La gestion quotidienne des petites tâches, la création de contenu, les interactions sociales, les processus itératifs, l’optimisation, la recherche… absolument tout sera transformé par ces IA commerciales si elles poursuivent leur déploiement effréné.

Mais le pire n’est pas forcément à venir. Si tant est que les modèles les plus avancés ne saisissent pas les 10 % de chances qui leur sont données pour nous exterminer, on peut imaginer que cette évolution ne repose pas uniquement sur des IA commerciales. Nous pouvons imaginer, à l’inverse ou presque, que les plus puissantes d’entre elles contribuent à la création d’outils autonomes. C’est ce qu’Emmanuelle Roux démontre à l’envie dans ses Lab’IA. Selon elle, il est possible de s’approprier un mode de production autonome de bout en bout de la chaîne, marquant ainsi la fin du taylorisme. Alors que les modes de production traditionnels avaient morcelé le travail en micro-tâches, nous empêchant d’en percevoir le sens, il deviendrait possible de recréer une vision d’ensemble de nos activités. On pourrait ainsi imaginer une réappropriation des capacités de calcul par les communautés, une conditionnalité des investissements réalisés sur nos terres, une ouverture des systèmes, etc. Cela nous permettrait de bénéficier de quelques avantages offerts aujourd’hui par ces outils et bien d’autres encore, sans devoir renoncer à nos principes.

Toutefois, la numérisation des métiers et la promesse d’autonomie engendrent un effet corollaire bien documenté : l’isolement des travailleurs. Ce phénomène d’isolement, largement observé au sein de la population générale, constitue une source majeure de mal-être. En milieu professionnel, il s’accompagne, selon Carbonell, de dynamiques de surveillance et d’invisibilisation, donnant un goût amer aux afterworks et aux parties de baby-foot.

Déjà constatée à l’ère du simple numérique, cette invisibilisation s’opère à une échelle encore plus vaste dans nos interactions avec les IA, dans la mesure où ce sont aussi les sources de connaissances et les processus de création qui sont dissimulés derrière les réponses générées. Avec donc autant de contributeurs, sans lien possible avec leurs bénéficiaires. Ce qui peut avoir des effets particulièrement délétères dans des domaines où les métiers, les savoir-faire et les communautés professionnelles reposent précisément sur une coopération permanente.

L’IA en soi n’empêche pas la collaboration, mais elle l’éloigne. Et cela exige donc de redoubler d’efforts pour cultiver le lien social et inventer de nouvelles manières de stimuler les échanges et de compenser la perte de coopération à d’autres niveaux. Car nous en avons besoin ! Le monde du logiciel ouvert en est un exemple éloquent. La force de l’open source réside dans sa communauté et l’ouverture de son code. Désormais, l’IA entre en jeu pour détecter des bugs et accélérer la production, ce qui met ces communautés sous pression face à l’afflux continu de nouvelles détections et de propositions.

Que devient l’engagement communautaire dans ce contexte ? Qu’en est-il de la reconnaissance des heures d’écriture de code derrière les applications créées en quelques secondes par n’importe quel agent ? Ici, se révèle l’importance des forums en ligne et des conférences organisées à travers le monde pour préserver cette dimension humaine. En effet, il est aujourd’hui encore impossible de se passer de l’intervention humaine, par exemple pour des tâches qui ne relèvent pas du « codage » pur, mais de l’intégration dans les environnements de travail et de la pérennisation des outils développés, qu’ils incluent ou non de l’IA. Il y a une prise sur le réel que l’IA ne maîtrise pas encore. On y reviendra.

En attendant de nous confronter à la matérialité des choses, il faut reconnaître que l’isolement peut parfois être bénéfique pour la pensée. C’est souvent le cas d’ailleurs, à condition que cet isolement ne soit pas subi. On n’a pas toujours envie d’être à plusieurs pour réfléchir, travailler ou se reposer.

On retrouve là une dimension intéressante des agents conversationnels pour le commun des mortels – en dehors de quelques usages de traduction, de facilitation de quelques tâches rébarbatives ou de simplification de quelques tournures. Il me semble en effet que le principal atout d’un agent conversationnel est de nous permettre de réaliser à quel point disposer d’espaces de pensée pour nous-mêmes est important. Des espaces de pensée vierges où nous pouvons dérouler la pelote de questions à l’infini, jusqu’à atteindre l’essence d’un problème.

On retombe là sur le célèbre « canard en plastique » que certains développeurs poseraient sur leur bureau comme un interlocuteur imaginaire avec qui amorcer un dialogue avec eux-mêmes, un processus de réflexion au sens propre. Les agents conversationnels pourraient être ces canards améliorés s’ils étaient « clos » et codés avec de bonnes intentions. Ce qui n’est absolument pas le cas aujourd’hui. Les entreprises ont accès à l’intégralité de vos échanges et les agents ne sont en aucun cas des miroirs sur lesquels projeter nos questions pour en susciter de nouvelles. Aujourd’hui, ils se focalisent uniquement sur le fait d’apporter des réponses, là où ce qui devrait primer est le cheminement mental suscité par ce processus de questionnements en chaîne puis de reconstruction et finalement d’exécution. Malheureusement, à l’heure actuelle, le ton souvent assertif ou flagorneur de ces agents semble produire l’effet inverse. Nous nous retrouvons ainsi face à un produit fini, une réponse qui devient performative, fruit d’un processus opaque ; et non encouragés à poursuivre un véritable cheminement de pensée libre et ouvert.

Se confronter au réel

Une fois le stade des questions-réponses dépassé, vient donc ce moment où la production de l’interaction avec l’IA doit se confronter au réel pris dans toute sa matérialité. Or, jusqu’à présent, une IA n’agit pas de manière autonome sur la matière physique, sur notre environnement. C’est pourquoi la robotique a suscité tant d’attention par le passé et continue de se développer en parallèle de la vague de l’IA. Parce qu’elle se situe dans le monde physique. Mais nous voyons, à force de voir des robots se casser la figure, à quel point cette mission est encore plus ardue que de faire parler une machine.

C’est également la raison pour laquelle la publicité d’OpenAI pour Astra insiste et se termine sur la fabrication d’objets physiques par impression 3D. Dans ce spot publicitaire, l’IA s’étend au tangible et produit une petite fusée en plastique. Demain, il pourrait s’agir de n’importe quelle pièce d’outillage, d’une pièce de rechange ou d’une œuvre plastique, voire d’une œuvre d’art (ce qui soulève d’ailleurs la question de savoir si le simple fait d’en être le commanditaire suffit à faire de soi un artiste).

Ainsi, il est tout à fait possible que de nombreux métiers disparaissent demain, ou que des tâches relevant de professions distinctes fusionnent. À l’inverse, il est probable que des services autrefois inaccessibles se démocratisent, certes de manière machinale et dégradée, mais deviennent tout de même accessibles. Là où tout le monde n’a pas les moyens de payer un service de traduction instantanée humaine, chacun a désormais accès à une traduction automatique. Celle-ci est certes brute et parfois approximative, faisant injure à tout ce qui constitue une langue, mais strictement utilitariste et donc utile pour se faire comprendre au quotidien dans un environnement professionnel international. N’oublions pas que l’absence de maîtrise des langues étrangères est un facteur de discrimination à l’international et de non-circulation des talents et des idées.

Les versions dégradées de services auparavant inaccessibles nous permettront-elles d’élargir nos horizons sociaux et intellectuels ? Il semble que les contraintes matérielles et culturelles, ainsi que nos réflexes intériorisés, soient bien plus tenaces que la simple capacité à échanger dans une langue étrangère. Mais on ne sait pas quelles barrières tomberont demain à coups d’inventions ou d’habitudes.

Le dialogue avant toute chose

Sans basculer dans la fantaisie, imaginer ouvertement ce qui pourrait advenir permet de nourrir nos réflexions sur la manière dont nous voulons nous organiser, décider et travailler demain. La rencontre entre des projections incertaines à long terme et des réalités actuelles qui doivent être analysées pour être formulées, partagées et résolues.

Pour y parvenir, rien ne remplace le dialogue. C’est pourquoi des figures telles qu’Odile Chagny, de très nombreux syndicats et, in fine, le droit du travail lui-même, défendent le dialogue social technologique. Or, bien que la loi l’impose lors de l’introduction de tout nouvel outil numérique, celui-ci demeure quasiment inutilisé. C’est pourquoi, dès 2022, le Conseil national du numérique a soutenu son déploiement généralisé dans son ouvrage Travailler à l’heure numérique. Corps et machines. Cette proposition figurait à nouveau, un an plus tard, dans la feuille de route sur le travail du Conseil national de la refondation dans le numérique. Trois ans après, en 2026, lors de l’évènement “Notre IA” précité, le ministre de l’action et des comptes publics, David Amiel, annonçait son déploiement au sein de la fonction publique.

C’est fort de cette idée, selon laquelle le dialogue et les liens sociaux sont les meilleures manières de vivre nos évolutions technologiques, qu’a été conçue la démarche Café IA, impulsée par Gilles Babinet : outiller les individus pour échanger sur leur quotidien, leurs pratiques, leurs interrogations et leurs craintes. L’équipe, désormais pérennisée au sein du ministère chargé du numérique, a pour mission de soutenir et d’encourager ces dynamiques d’échanges. Loin du café du commerce, cette démarche ambitionne d’impulser et de rejoindre des processus structurants, tels que, précisément, le dialogue social technologique.

Non sans lien, de nombreuses concertations sur l’IA ont été lancées au sein de nombreuses organisations afin d’aboutir à l’adoption de chartes institutionnelles. Bien que dépourvues de valeur normative, ces chartes présentent l’avantage de fournir des repères, de forger un cadre de pensée collectif et d’indiquer des orientations majeures sur lesquelles toute innovation ou évolution des pratiques peut s’appuyer. Elles définissent le cadre conventionnel et, finalement, politique de l’environnement professionnel.

Plus encore, il est possible d’envisager la coconstruction des outils à utiliser. Si l’on prend l’exemple des situations de handicap, il devient possible d’imaginer un monde où les principaux intéressés sont mis autour de la table et où les outils de travail sont d’abord conçus à partir des besoins en matière d’accessibilité avant d’être déployés à l’échelle de l’organisation. Une évolution qui reste inenvisageable sans une participation structurée. C’est toutefois le sens de l’engagement 12 de la Conférence nationale du handicap 2026.

En définitive, notre réaction face à l’IA doit être à l’inverse de ce qu’elle produit spontanément. Là où elle livre un produit fini, il faut interroger ses sources et ses processus. Là où elle donne l’illusion de pouvoir avancer de manière autonome, il faut mobiliser les collectifs. Là où elle suggère la disparition des emplois, nous devons anticiper leur mutation. Enfin, là où elle procède de la volonté d’entreprises tierces, nous devons investir dans les besoins propres à nos structures et identifier nos véritables priorités.

Ce qui ramène toujours à la question de savoir pourquoi et pour quoi nous travaillons et exige donc d’aborder la question du fruit du travail…tout comme celui du non-travail.

Le fruit du travail et du non-travail

Dans notre économie, c’est avant tout la production de biens quantifiables et de services pouvant se traduire en monnaie sonnante et trébuchante qui est valorisée et rémunérée. Même le secteur du soin a été contaminé par la logique de tarification à l’acte.

Or, sous le coup de l’IA, il est envisagé par des personnes aux idées très différentes que nos existences mêmes, ainsi que la question de la production, se retrouvent nécessairement dissociées. Ainsi, cette même perspective pousse des personnalités, de Benoît Hamon à Elon Musk, en passant par Sam Altman, à réinterroger les modes de rémunération de notre société, chacun défendant sa propre vision. Pour simplifier, Benoît Hamon plaiderait pour un revenu universel axé sur l’émancipation, tandis que les autres soutiendraient un revenu universel tendant vers l’asservissement.

Dans son encyclique Magnifica humanitas, le pape Léon XIV porte quant à lui très haut la valeur du travail mais la place bien en dehors du système productiviste. Aussi s’attache-t-il à garantir un accès universel aux biens, tout en érigeant les liens de solidarité en principes de gouvernement. En lieu et place d’un revenu universel, on pourrait comprendre que le souverain pontife pencherait davantage vers une forme de service universel garantissant à tout un chacun tout ce qui est nécessaire pour vivre dignement. On retrouverait là une dialectique déjà présente chez Harari dans son ouvrage 21 leçons pour le XXIe siècle.

Faire ce détour par l’encyclique papale et la doctrine sociale de l’Église, réactualisée à l’aune de l’IA dans Magnifica humanitas, permet de rappeler que cette doctrine émerge de la révolution industrielle. Or, le propre de la révolution industrielle fut d’engendrer de nouveaux modes de production et, par conséquent, de nouvelles organisations du travail, de nouvelles formes de conflit, de nouvelles manières de tuer ou de soigner, mais également de nouveaux droits.

Ainsi, sans verser dans le courant futurologique, nous pouvons aisément imaginer que si cette vague IA se maintient, elle apportera avec elle, dans quelques décennies, son lot de drames, de potentielles découvertes et de capacités nouvelles, mais ultimement de nouvelles façons de vivre en société, garanties par le droit. C’est là l’une des contributions majeures du travail d’Alain Supiot que d’avoir retracé cette généalogie et cet effritement des droits acquis.

Quelles seront ces nouvelles formes de droits ? Hier, d’autres ont conquis les congés payés, la responsabilité de l’employeur envers le salarié accidenté, la limitation du temps de travail ou encore la retraite. Et demain ? S’agira-t-il de l’obligation collective de déconnexion ? Ou du droit d’accès aux ressources de calcul ? D’un service public de l’IA ? Du droit pour chacun de concevoir ses propres agents autonomes ? Du droit à la formation continue sur l’ensemble de ces enjeux ? S’agira-t-il, parfois, de l’obligation de recourir à la machine lorsque son taux d’erreur s’avère inférieur à celui de l’humain ? Ou, au contraire, du droit de refuser de recourir à l’IA ? Du droit à l’accès universel aux ressources essentielles pour vivre dignement ? Et donc, du droit à l’initiative et à l’erreur, sans risquer de ruiner sa famille ? Ou du droit de ne pas travailler pour une machine ?

Toutes ces questions méritent une véritable conversation. C’est avant tout à la démocratie réelle de les trancher. Et cette démocratie-là se retrouve avant tout dans la démocratie sociale, une démocratie située, concrète et ancrée dans le quotidien. Mais elle exige en premier lieu de croire à la force du collectif, à sa capacité à dépasser ses désaccords et à se mobiliser, et donc à se faire confiance et à apprendre à se considérer. C’est pourquoi, hier comme aujourd’hui et sans doute demain, il est toujours bon de se dire, en parfaits procrastinateurs que nous sommes : « Au boulot… mais avant, un café ! »