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Nos limites et au-delà

Toute ma vie, j’ai été attiré par l’astrophysique et la vie extraterrestre. Une de mes premières découvertes d’internet et du pair à pair était le projet SETI@home, ce système de partage de calcul entre ordinateurs personnels afin d’analyser les signaux perçus dans l’univers.

Puis, je n’ai pas choisi l’astrophysique. J’ai fait du droit pour changer le monde. Erreur, m’a dit plus tard une conseillère d’orientation que j’étais allé voir car je me sentais mal à l’aise en droit : selon elle, on peut tout à fait changer le monde avec de l’astrophysique.

J’ai quand même continué le droit, tout en gardant un intérêt latent pour les étoiles, comme tout le monde j’imagine. Comme pour répondre aux questions qui persistaient en moi, mais avec d’autres outils que la science de l’espace, je me suis demandé : et si tout n’était que perception? Comment nos sens et notre cognition limitent notre perception du réel et altèrent notre recherche de la vie extraterrestre ?Cette recherche est, en fait, extrêmement anthropocentrée. On cherche ailleurs notre vie, et pas une autre vie. Du coup, on se trompe et on cherche au mauvais endroit.

Récemment, j’ai demandé à une IA si j’étais le seul à penser ça. Évidemment non : un chercheur serbe a précisément publié un article à ce sujet.

Nous devons accepter d’être limités. C’est justement cette limitation qui fait que nous ne comprenons pas que le non-être puisse être, que les limites puissent porter l’absence de limite, ou que tout soit une chose et son contraire.

J’ai l’impression que la physique quantique dit exactement la même chose. De même que de nombreuses philosophies ou religions traditionnelles.

La philosophie a d’ailleurs l’avantage d’offrir des chemins de représentation qui sont probablement moins coûteux et énergivores, et qui nous orientent vers ce qui nous permet de mieux vivre avec nos limites.

C’est une vérité que des profils comme Elon Musk, Peter Thiel et tous ceux qui essaient à tout prix de chercher une vie au-delà de notre planète ne comprennent pas.

D’ailleurs, cette pensée sur la limite, son respect et sa résolution par l’invocation de Dieu est au cœur de l’encyclique du pape sur l’IA (j’y reviendrai). Il s’agit là d’une pensée de résistance: non pas seulement à une technologie, mais bien à une représentation du monde.